Sécurité
Un audit dont la moitié du travail a consisté à nous contredire.
Auditer veut dire une chose simple : relire tout le code en cherchant à le casser, comme le ferait quelqu’un qui vous veut du mal. Nous l’avons fait sur l’ensemble du logiciel, en interne, avec une règle. Chaque faille supposée est confiée à une seconde analyse chargée de démontrer qu’elle n’existe pas. Ce qui résiste est corrigé, puis surveillé par un test automatique.
La méthode, étape par étape
-
Étape 1 : attaquer
Nous relisons tout le code en cherchant les failles. Chaque comportement douteux est noté, avec l’attaque qu’il rendrait possible.
-
Étape 2 : contredire
Chaque problème noté part ensuite à une seconde analyse, dont le travail est de démontrer qu’il est faux. Ce qui n’a pas survécu à cette étape n’est pas compté dans les 71. C’est ce qui nous permet d’affirmer que les chiffres annoncés ici ne sont pas gonflés.
-
Étape 3 : corriger et rejouer
Sur les 71 failles recensées, 56 sont corrigées et 13 réduites au 15 septembre 2026 ; 2 restent ouvertes. Quand l’attaque peut se rejouer en programme, le correctif vient avec un test qui la rejoue à chaque intégration : si la faille revient un jour, ce test échoue et le dit. Les réduites sont celles où le correctif applicatif est livré mais où une part du risque survit : parfois elle dépend d’un déploiement (un drapeau à poser sur les relais, un certificat HTTPS sur l’autorité), parfois d’une décision de conception qui se conçoit et ne s’improvise pas. Le détail faille par faille n’est pas publié à ce jour, et nous ne prétendons pas le contraire tant qu’il ne l’est pas. Écrivez-nous : nous répondons précisément sur celles qui touchent votre usage.
Ce que la dernière campagne a trouvé
Début août 2026, deux failles du cœur cryptographique ont été démontrées par un programme qui les exécute, et non seulement décrites.
La première est corrigée. Un défaut d’échange de clés permettait à quelqu’un ne possédant aucune clé de faire accepter une conversation. Le contrôle manquant existait déjà ailleurs dans notre code ; il manquait précisément là où passent toutes les conversations. Corrigé le 4 août 2026, avec un test qui rejoue l’attaque à chaque intégration.
La seconde, classée critique, est réduite depuis le 13 septembre 2026. Deux relais complices pouvaient marquer un message au départ et le reconnaître à l’arrivée, ce qui relie l’expéditeur au destinataire. Le corriger changeait le format des messages sur le réseau : c’est fait, avec la version 3 de l’en-tête (application 2.3.0, relais v0.12.0 sur toute la flotte), au prix d’une rupture assumée — un client 2.2.0 et un client 2.3.0 ne peuvent plus ouvrir de conversation. Ce qui reste, et nous l’écrivons : les relais acceptent encore l’ancien en-tête tant que le mode strict (--strict-header-v3) n’est pas posé sur la flotte, et deux relais complices consécutifs gardent un canal de marquage que cette construction ne peut pas fermer. Le réseau actuel n’ayant qu’un seul opérateur, aucun tiers ne peut l’exploiter aujourd’hui — mais le résiduel doit être réglé avant l’arrivée de relais tenus par des tiers.
Nous l’écrivons ici parce qu’un produit de sécurité qui ne publie que ses succès n’apprend rien à personne.
Ces chiffres viennent d’un audit interne, mené par l’équipe qui écrit le logiciel et non par un cabinet extérieur indépendant. Ils ne valent donc pas certification. Ils sont vérifiables en partie : le code du réseau — relais, annuaire, autorité — est publié sous licence AGPL-3.0 dans le dépôt public, et n’importe qui peut le lire ou le relancer. L’application, elle, est propriétaire, et une partie des tests qui rejouent les attaques vit dans le dépôt privé : nous ne les disons pas publiés tant qu’ils ne le sont pas. Nous ne revendiquons aucun label que nous ne détenons pas. Le jour où un organisme indépendant nous en délivre un, son nom et la date seront écrits ici.
Signaler une vulnérabilité
Si vous trouvez une faille, écrivez-nous en privé avant d’en parler publiquement. Nous corrigeons d’abord, puis la faille et son correctif sont publiés. C’est ce qu’on appelle la divulgation coordonnée. Vos messages sont lus par les ingénieurs qui écrivent le code, pas par un service client.
Contact sécurité
crypto.app.organisation@proton.mePolitique de divulgation : le fichier SECURITY.md du dépôt · pas de clé PGP publiée à ce jour · une personne vous répond